Samedi, le main event de l’UFC Paris oppose Dan Hooker à Salahdine Parnasse. Sur le papier, c’est un cadeau empoisonné pour le Néo-Zélandais. Un débutant à l’UFC, invaincu depuis cinq ans, que tout le monde annonce dans le top 10 avant même son premier combat dans l’organisation.
Battre Parnasse ne rapportera presque rien à Hooker au classement. Le perdre, sur deux défaites de suite, serait un désastre pour un vétéran de 38 combats. Le principal intéressé ne s’en cache pas, et il a une explication très simple.
« Personne d’autre ne veut prendre le combat »
L’argument de Hooker est direct. Il est le seul à accepter ce type d’adversaire. Il l’a fait pour les débuts de Michael Chandler en 2021, il pourrait le refaire face à Usman Nurmagomedov. À chaque fois, les autres classés de la division déclinent.
Sur Submission Radio, il a décrit le mécanisme sans détour. Personne dans le top 10 ne veut risquer sa place face à un inconnu, alors l’UFC appelle Hooker et lui propose ce qu’il appelle du « danger money », de l’argent du risque. Il en profite pour tacler Ilia Topuria, qu’il voit mal accepter ce genre de pari.
« Le plus gros chèque de ma carrière »
La vraie raison, Hooker l’a donnée à RMC Sport pendant la Fight Week. Ce combat contre Parnasse est, de loin, le mieux payé de sa carrière. Devant Islam Makhachev, devant Dustin Poirier, devant tous les gros noms qu’il a croisés en dix ans.
« S’ils me paient autant pour affronter les petits jeunes, alors j’affronterai des petits jeunes jusqu’à la fin de mes jours. Je combattrais Francis Ngannou pour ce qu’ils me paient. Le plus gros chèque de ma carrière, à coup sûr. »
« If they pay me this much money to fight the new kids then I’ll be fighting the new kids until the day I die. I’d fight Francis Ngannou for the money they’re paying. Biggest payday of my career for sure. »
Pour autant, Hooker ne prend pas son adversaire de haut. Le Français aligne 23 victoires pour 2 défaites, dont treize succès de suite depuis 2021, l’essentiel au KSW face à des adversaires de niveau UFC. Le Néo-Zélandais dit lui-même comprendre l’engouement. Il a juste prévenu qu’il venait à Paris pour gâcher la fête.
Le gatekeeper ne gagne pas toujours
Hooker assume un rôle que peu de combattants revendiquent à voix haute, celui de gatekeeper. L’UFC a besoin de quelqu’un pour tester les prospects trop en avance sur leur CV, et elle paie cher celui qui accepte de jouer sa place contre eux. Hooker en a fait un modèle économique, et il le dit tel quel.
Le problème, c’est que le portier ne gagne pas à tous les coups. Quand Hooker a « accueilli » Michael Chandler à l’UFC en 2021, c’est lui qui est reparti avec un KO au premier round. À 0-2 sur ses deux dernières sorties, soumis par Arman Tsarukyan en novembre puis battu par Benoît Saint-Denis en février, il arrive à Paris en position fragile. Le chèque est gros. Le risque l’est tout autant.




