« Il a failli m’arracher la tête » : Gaethje raconte ses sparrings avec Farès Ziam

Alexandre

29 août 2026

Farès Ziam UFC Paris

Justin Gaethje est revenu sur ses séances de sparring avec Farès Ziam. Interrogé par RMC Sport Combat dans la salle de son coach Trevor Wittman, au Colorado, le champion des lightweights de l’UFC raconte la première d’entre elles.

Le natif de Vénissieux a posé ses valises près de Denver en décembre dernier, pour six semaines de camp. Pas le sien : celui de Gaethje. Il n’en est jamais vraiment reparti.

Un partenaire choisi par leur manager commun

Avant l’UFC 324, l’équipe de Gaethje cherchait un profil précis : un gabarit plus grand et plus long, capable de reproduire ce que Paddy Pimblett allait lui poser comme problèmes. C’est Ali Abdelaziz qui a sorti le nom de Farès Ziam.

Le détail vaut d’être posé : Abdelaziz n’est pas seulement l’agent de Gaethje, il gère aussi les intérêts du Français, passé chez Dominance MMA. Le manager n’a donc pas recommandé un inconnu, il a placé un de ses combattants dans le camp d’un autre.

La première séance a laissé une trace.

« Dès notre première séance de sparring, il a failli m’arracher la tête d’un coup de pied. Et je me suis dit : “Oh, je vais devoir faire très attention à lui, parce qu’il est très bon.” »

“Our first sparring session, he almost kicked my head off. And I was like, ‘Oh, I got to be very careful with him, cuz he’s very good.’”

Le détail disparaît dans les reprises françaises : ce n’est pas une main, c’est un coup de pied. Chez un kickboxeur d’1,85 m doté d’une allonge de 1,90 m, qui vit de sa distance, c’est exactement l’arme qu’on vient chercher en le faisant traverser l’Atlantique.

Le combat, lui, n’a pas ressemblé au camp. Gaethje annonçait vouloir « créer des angles et le faire courir droit dans mes coups » : le 24 janvier 2026, il a surtout ouvert les hostilités d’entrée, secoué Pimblett très tôt et couru après la finition. L’Anglais a tenu, remis les pieds dans le combat, et les deux hommes se sont rendu coup pour coup jusqu’à la dernière seconde. Décision unanime, 49-46, 49-46 et 48-47.

Notre pronostic de l’UFC 324 avait vu le bon vainqueur et le bon scénario, l’accumulation de dégâts debout, mais donnait un TKO à partir du round 3. C’est le menton de Pimblett qui a fait mentir le prono.

Ce que le compliment vaut aujourd’hui

Gaethje ne s’arrête pas au sparring. Sur le plafond de Ziam, il tranche sans prendre de gants.

« Il a toutes les qualités, il s’agit juste de les assembler le soir du combat. […] Il s’en sort très bien quand il faut briller sous les projecteurs. Je pense qu’il peut aller aussi loin qu’il le veut. »

“He’s got all the skills, it’s just putting it together on fight night. […] He does a good job at being able to shine under the lights. And so I think he can go as far as he wants to go.”

Une réserve, quand même. Gaethje parle de son partenaire comme d’un membre du top 15 mondial. Ça ne l’est plus. Début juin, à l’UFC Vegas 118, Ziam s’est incliné aux points face à Tom Nolan : six victoires de rang effacées, et une sortie du classement où il occupait la 14e place.

Le 5 septembre à l’Accor Arena, il retrouve donc la cage en co-main event de l’UFC Paris face à Axel Sola (12-1-1), un derby franco-français entre deux hommes qu’aucun classement ne mentionne. Pour Ziam (18-5), c’est d’abord une défaite à effacer.

Gaethje, lui, ne combattra pas avant 2027 : il est devenu champion incontesté en juin face à Ilia Topuria et traîne depuis des douleurs aux deux mains.

Ces six semaines n’ont pas été un aller-retour, et c’est Ziam lui-même qui l’a raconté. Le 1er juillet, il a publié sur sa chaîne le vlog de sa fight week face à Nolan, titré « Le plus grand tournant de ma carrière ? Cette défaite va tout changer ! ». On l’y voit revoir son combat séquence par séquence et tomber sur le vrai problème : le gameplan était bon, il ne l’a pas appliqué.

Puis vient la suite : il rejoint la team, et c’est Trevor Wittman qui doit être dans son coin le 5 septembre. Les deux moitiés de la vidéo se répondent. Ce qui a manqué à Ziam contre Nolan, ce n’était pas le plan, c’était son application en direct. Un coach qui recadre entre les rounds répond exactement à ça.

Deux mois plus tard, c’est Gaethje qui parle de lui au présent, depuis la salle de Wittman : il l’attend au dîner d’équipe du samedi. Le camp de décembre est devenu son camp.

Je retiens surtout ce que Gaethje dit de sa propre salle, dans la même interview : Trevor Wittman n’entraîne que trois athlètes, lui, Cory Sandhagen et Kamaru Usman, là où un coach en suit vingt ou trente. Que l’un des meilleurs entraîneurs du sport accepte d’entraîner Farès Ziam, ça vaut plus qu’un compliment d’après-camp.